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Quel bon vin t’amène (QBVA) : Pour commencer, pouvez-vous vous présenter?

Florian MARION (FM) : J’ai quitté la maison à 16 ans, j’ai commencé en pâtisserie. J’ai dû arrêter pour raison personnelle. Je me suis donc lancé dans le vin, car cela m’a toujours passionné. Dans un premier temps, c’était vraiment pour avoir des connaissances personnelles, et puis, au fur et à mesure, je me suis pris au jeu et j’en ai fait mon métier.

QBVA : Quelle ancienneté avez-vous dans ce métier et au sein de ce magasin ?

FM : Dans ce métier… j’ai eu mon diplôme il y a quatre ans, mais cela fait un an que je l’exploite vraiment.

Et cela fait neuf mois que je suis dans ce magasin (auquel il faut rajouter deux semaines de stage dans l’ancien magasin)

QBVA : D’où vous est venue l’envie de faire ce métier?

  FM : A la base, c’était pour comprendre pourquoi un vin était bien, d’autres moins, voire mauvais.

QBVA : Quel parcours vous a emmené jusque-là ?

FM : J’ai fais mes études à Beaune, une formation pour adultes en huit mois, très intensive et poussée. Cette formation m’a permis de décrocher le bac. J’ai commencé par être commercial pour des grandes marques, sans rapport avec le vin, et puis suite à un stage dans l’ancien Leclerc d’Avermes, j’ai eu la chance que l’enseigne me rappelle pour compléter l’équipe du nouveau magasin.

QBVA : Pourquoi en hypermarché ?

FM : C’est arrivé par hasard. A la base je ne le voulais pas. Pour moi, grande surface signifiait mauvaise réputation. De plus, mes parents sont artisans, j’avais donc toujours été formaté au discours que la grande surface c’était « mauvais ».

Et puis M. MARTIN (directeur de l’hypermarché Leclerc Avermes, ndlr) a été notre parrain de groupe pendant ma formation. Il m’a dit qu’il serait bien que j’aille faire un stage dans son magasin. J’y suis allé, à contre cœur au début. Mais quand j’ai commencé à faire l’inventaire avec M. FATTACCINI, mon avis a vite changé à l’évocation d’appellations et grands noms du vin. Je me suis dit qu’avoir ces noms là en grande surface, il fallait déjà y arriver. Quand ils m’ont rappelé, après l’entretien, j’ai pris un temps de réflexion. Quand j’ai découvert l’espace dédié aux vins, et les nombreuses références que l’on a, je me suis dit que je devais faire les quatre mois d’essais pour voir, et que si tout se passait bien, je signerai. Et j’ai signé, sans regret.

QBVA : Comment les gens qui fabriquent le vin vous ont-ils accueilli au début et qu’en est-il actuellement?

FM : Pour la grande surface, il y a toujours une appréhension. Quand j’ai démarché des vignerons en Bourgogne pendant mes dernières vacances, à l’évocation du nom Leclerc, j’ai eu immédiatement droit à la grimace. Mais quand j’ai montré les photos de notre cave, le contact a changé du tout au tout. Cela leur a permis de voir que l’on n’était pas des rigolos. Je leur ai aussi expliqué que nous ne fonctionnons pas entièrement avec une centrale d’achat. Nous avons la liberté de faire rentrer les vins qui nous plaisent. Chaque Leclerc est indépendant. Nous avons la confiance du patron pour travailler avec les gens que nous voulons. Nous leur expliquons que nous travaillons sur des petites quantités, pour un magasin, et surtout pour faire plaisir à nos clients. En général les sourires réapparaissent rapidement.

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QBVA : Dégustez-vous tous les vins que vous avez en vente ?

FM : La plupart oui. J’ai la chance d’en avoir gouté au cours de ma formation. Si je conseille un vin, c’est que je l’ai goûté et que je l’apprécie. Je ne conseille pas un vin que j’ai trouvé mal fait.

QBVA : Faites-vous les salons de vignerons ou du vin pour trouver de nouveaux vins ?

FM : Je vais être amené à en faire, pour trouver de nouveaux produits.

QBVA : Vous êtes deux cavistes dans ce magasin, quelles sont vos  principales ressemblances et différences ?

  FM : Notre ressemblance : nous avons tous les deux la même passion. On aime le vin, on aime trouver de nouveaux artisans vignerons pour pouvoir proposer de bons produits avec un bon rapport qualité/prix à nos clients.

Nos différences : elles sont avant tout complémentaires et essentielles. Quand nous ne sommes pas d’accord, on en discute pour essayer de trouver un bon compromis. Il y a aussi des produits que mon collègue fait rentrer et dont je ne vois pas l’intérêt, et inversement.

QBVA : Quels sont vos vins préférés et les vins que vous aimez le moins ?

  FM : Mes vins préférés sont les Bourgognes. Pour moi c’est LA REGION. Après je suis agacé par les tarifs de ces vins, mais c’est un autre débat.

Les vins que j’aime le moins, sont les vins de pays.

 

QBVA : Pour vous, quel mot décrit au mieux le vin?

FM : PARTAGE

QBVA : Quels conseils donneriez-vous aux personnes qui, comme nous, veulent découvrir le vin ?

  FM : D’avoir de la patience, pour apprendre. Il faut avoir beaucoup de patience et surtout beaucoup d’envie. Par exemple, au sein d’une région que je connais bien, la Bourgogne, vous êtes confronté à une multitude de choix de vins et de vignerons, de divers climats (nom désignant une parcelle de vigne définie dans cette région, ndlr). Sans patience, il est difficile de trouver les meilleurs.

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QBVA : Pour finir, pouvez-vous nous citer le premier vin que vous gardez en souvenirs, votre vin préféré, le meilleur vin que vous ayez goûté, et le vin de rêve que vous aimeriez déguster un  jour ?

FM : Le premier vin que je garde en souvenir : un Meursault 2009

Mon vin préféré : je n’en ai pas. J’en ai goûté de très bons mais différents.

Le meilleur vin que j’ai goûté : le même Meursault 2009 que précédemment, de la cave Nuiton-Beaunoy (cave coopérative à Beaune, ndlr) qui font des vins extraordinaires.

Le vin de rêve que j’aimerais déguster un jour : un Pétrus… j’ai déjà goûté un vin de la Romanée Conti.

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