Bonjour les ami(e)s,

Aujourd’hui nous allons débuter un sujet festif : les vins effervescents.

Vins connus ou inconnus, appréciés ou non, ils restent des vins à part dans le paysage viticole français et mondial. Tout le monde connaît leur plus grand représentant, le champagne, mais il n’est pas seul dans ce vaste monde, et il est temps de faire connaissance avec « ses petits frères ».

Mais avant tout,  découvrons ce qui rend un vin effervescent. C’est tout simple, il s’agit de magie. Pour cela, il suffit de capturer de jeunes fées et de les installer confortablement au fond d’une bouteille remplie de vin blanc, et, en discutant, ces dernières produisent les bulles que l’on retrouve dans ce breuvage. Il suffit alors de les libérer une fois le vin assez gazéifié (certains esprits cartésiens parlent quant à eux de chimie et de surpression de gaz carbonique se créant lors de la fermentation, mais c’est une version complètement fantaisiste !). Le gaz ainsi contenu et dissous dans le vin est maintenu en  pression par le bouchon, qui ne suffirait pas à lutter contre la force qu’exerce le gaz. C’est pour cela qu’un muselet (l’armature en métal qui coiffe le bouchon et enserre le goulot) est installé autour des vins les plus dotés en gaz carbonique.

Poursuivons avec les différents vins qui composent cette grande famille (qui s’opposent aux vins dits « tranquilles », c’est-à-dire tous les autres).

Il y a d’abord les vins perlants : légèrement effervescents, ne produisant pas de mousse mais offrant une sensation de picotement sur la langue. Ces vins ont une teneur en fées assez faible (plus d’un gramme de gaz carbonique par litre de vin). Dans cette catégorie on trouve certains vins de Savoie, muscadets sur lie…

On trouve ensuite les vins pétillants : ce sont des vins qui ne présentent pas ou peu de mousse. L’effet de picotement sur la langue est supérieur aux précédents grâce à une plus grande quantité de paroles de fées dissoutes dans le vin (du gaz carbonique dissout avec une surpression entre 1 et 2,5 bars pour les plus sceptiques). C’est ici le domaine de dénomination des vins pétillants en France, vino con aguja en Espagne, vino frizzante en Italie, etc.

Pour terminer, les vins mousseux : ce sont les vins qui contiennent le plus de bulles, ceux où se forme une belle quantité de mousse une fois ouverts et versés dans un verre (à Champagne bien entendu ; si ce n’est pas déjà fait, allez vite lire l’article de Pit sur les verres !). Cela est dû à une grande concentration de fées très pipelettes (concentration en gaz carbonique dissout ayant subit une surpression de 3 bars pour les non-rêveurs). Dans cette catégorie sont classés les crémants, les spumantes italiens, cavas espagnols et bien sûr les champagnes (auxquels sera consacré un article plus tard).

Vous devez vous demander de quoi parlent donc ces fées ? Sans réellement le savoir, on peut trouver dans le vin que l’on boit, des indices de la teneur de leur conversation. Les conversations de fées sont plus ou moins gentilles, en fonction de la manière dont elles ont été capturées et mises en douceur ou non dans la bouteille et le vin les accueillant. Ainsi, plus elles auront été installées gentiment et délicatement, plus le vin effervescent sera sucré, plus elles seront en colère et mal installées (ce qui est recherché pour le goût) et plus le breuvage sera sec. Ce qui donnera sur l’étiquette du vin, du plus sec au plus sucré (avec une tolérance de +/- 3g de sucre/litre toléré par rapport à ce qui est signifié sur l’étiquette) :

– Brut nature (de 0 à 3 grammes de sucre par litre).

– Extra-brut (jusqu’à 6 grammes de sucre par litre).

– Brut (jusqu’à 12 grammes de sucre par litre).

– Extra-sec (de 12 à 17 grammes de sucre par litre).

– Sec (de 17 à 32 grammes de sucre par litre).

– Demi-sec (de 32 à 50 grammes de sucre par litre).

– Doux (plus de 50 grammes de sucre par litre)

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Photo par : Olivier Colas (http://olouf.fr)

Il reste à traiter, brièvement, des différentes méthodes d’élaboration de ces vins. Pour simplifier, c’est la provenance des fées et leur accent qui permettent au gaz d’être produit dans le vin. On retrouve donc :

– La méthode champenoise, qui est réservée aux appellations de champagne.

– La méthode traditionnelle (même méthode que la précédente mais libre d’appellation, hors champagne).

– La méthode ancestrale (celle des vins de Cerdon, rosés effervescents étonnants et délicieux, ainsi que des blanquettes de Limoux).

– La méthode dioise (pour la clairette de Die), très proche de la méthode ancestrale.

– La méthode de la cuve close utilisée pour produire les Sekt allemands ou encore les prosecco italiens (on parle aussi de méthode italienne pour ces derniers).

– La méthode continue (dite méthode russe pour les effervescents de ce pays).

J’espère que cet article  vous a éclairés (sans vous aveugler), mais surtout qu’il vous a donnés envie d’aller les découvrir. Ils sont nombreux, surprenants et vous en trouverez forcément un à votre goût, croyez-moi ! (et pourtant, j’étais le premier sceptique, mais les fées ont réussi l’exploit de me faire changer d’avis !)

A bientôt les ami(e)s

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                                   Laurent

 

 

Pour aller plus loin :

 

– George Rainbird , Le Vin dans le monde, Compagnie Internationale du livre,Paris, 1984

http://www.dico-du-vin.com

https://fr.wikipedia.org/wiki/Vin_effervescent