Bonjour les ami(e)s,

Voilà le retour de cette rubrique avec le mois de mars.

Les deux premiers mois de l’année ont été consacrés à la taille de la vigne, laissant en place de jolies baguettes pointant vers le ciel. Mais ce n’est pas leur orientation finale. Il va falloir ramener cette baguette de la position verticale à la position horizontale.

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Le but de cette manœuvre est simple. Les bourgeons qui se sont formés tout le long de la baguette vont bientôt se développer. Il faut que le vigneron les oriente pour que la vigne produise le meilleur raisin possible. En pliant la baguette, pour la ramener au niveau du premier fil du palissage (armature sur laquelle s’accroche la vigne) on permet un espacement des bourgeons, tout en contenant leur développement  dans le rang (il ne faut pas de tige dans le couloir de passage, cela gênerait pour les travaux à venir).

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La plante croît vers le haut, et pour éviter que les pousses ne s’entremêlent les unes dans les autres, on oriente la baguette parallèlement au sol. On va ainsi créer une distance entre les tiges, permettant aux futurs raisins de ne pas être agglutinés les uns aux autres. Si cela peut paraître anodin, l’intérêt est avant tout de limiter le pourrissement du raisin avant maturation à cause d’une trop forte concentration de grappes et feuilles au même endroit.

On vient de voir pourquoi on contraignait les baguettes. Mais comment s’y prendre ? Il s’agit d’une tige en bois, elle est donc peu flexible. Jusqu’ici, le repos végétatif de la vigne, dû au froid, faisait que la sève était repartie dans les racines. Le risque de maladie dû à la taille était donc minime, mais la baguette restante était cassante car composée uniquement de bois. Avec le réchauffement des températures en mars, la baguette retrouve de la flexibilité. On va pouvoir la contraindre avec fermeté mais délicatesse afin de venir l’enrouler autour du fil le plus bas du palissage.

Article 4

 Malgré une souplesse retrouvée, cette dernière reste relative, et il faut travailler avec la plante, en essayant de ressentir comment elle réagit, et l’accompagner délicatement pour éviter de la casser, ce qui ruinerait tous les efforts accomplis jusqu’à maintenant. Malheureusement, cela arrive, et si une casse partielle est réparable, une casse complète privera le vigneron de toute récolte sur un cep.

Article 5

Mars s’achève, et on a déjà hâte de découvrir ce qui nous attend en avril.

On notera que, pour cette journée, quelques personnes sont venues plier les baguettes avec nous. Il s’agit des Maltôtais, groupe partenaire de Denis Barbara, qui aide à la culture de la parcelle. Pit vous explique tout cela très prochainement.

A bientôt les ami(e)s,

Laurent