Bonjour les ami(e)s,

 

         Qu’il soit en liège ou en matières dérivées du pétrole, voilà un élément indissociable du monde du vin : le bouchon.

         Malgré sa petitesse, cet élément d’une bouteille est pourvu de bien des qualités, dont certaines sont peu connues et pourtant essentielles pour le vin. Et si l’on essayait de voir cela de plus prêt ?

         D’une taille moyenne de 44 à 46 millimètres et d’un diamètre de 24 millimètres (en France), sa première caractéristique est de retenir le liquide dans son récipient. Pour cela rien de plus simple, il suffit d’une pièce qui vienne s’adapter parfaitement à l’intérieur du goulot. Il doit pour cela être fait d’une matière élastique permettant l’étanchéité en s’ajustant parfaitement aux parois. D’un point de vue physique, il faut savoir qu’une force de quarante kilos sera nécessaire pour extraire le bouchon. C’est pour cela que certains bouchons sont enduits de paraffine pour en faciliter l’extraction. Depuis plusieurs années, on voit aussi apparaître des capsules à vis qui présentent les mêmes avantages. On notera également le cas particulier du Château Coutet à Saint-Emilion, qui a fabriqué un bouchon en verre d’émeri, sur le modèle d’une bouteille retrouvée dans ses caves, datée de l’année 1750, et qui n’a subi aucune perte de liquide grâce à ce procédé.

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Bouchon à vis

 

          C’est ici qu’un bouchon démontre l’une de ses autres facultés : la perméabilité à l’air. On le sait, le vin est un liquide vivant, qui évolue au fil du temps. Certain demandent plusieurs années pour arriver à maturité et donner leur plénitude. Un ensemble de paramètres est nécessaire (Cf. l’article sur la conservation du vin). L’un des plus importants reste l’oxydoréduction. Ce phénomène, qui consiste à oxyder lentement le vin pour lui permettre de dégager toutes ses qualités proprioceptives, ne semble pouvoir se faire que grâce au bouchon. L’idée communément admise voudrait que les bouchons permettent une libre et modérée circulation de l’oxygène entre l’air ambiant et le vin par filtration naturelle du bouchon. Le liège tire ici ses lettres de noblesse. En effet ce matériau remplit ces différentes directives.

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Bouchon de Liège

 

         Il semblerait pourtant que l’oxygène contenu dans le vin au moment de l’embouteillage soit suffisant pour le laisser vieillir, ce qui laisse bien des choix pour la matière utilisée. On a ainsi vu se développer des bouchons en matières synthétiques dérivées du pétrole, issus de la canne à sucre, voire des bouchons à vis en aluminium. Le liège reste pourtant historiquement le produit de référence, malgré un coût de production plus élevé, et le risque de donner le fameux goût de bouchon au précieux liquide qu’il contient. Pour sa défense, il est vrai qu’envisager laisser vieillir son vin au contact d’un produit dérivé du pétrole peut en effrayer plus d’un.

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Bouchon en matière plastique

 

         Les bouchons à vis en aluminium n’ont sur le papier que des avantage, mais ils privent les dégustateurs du sacro saint rituel de débouchage que tout amateur aime, tant il permet ce premier contact privilégié avec le vin.

A bientôt les ami(e)s,

Laurent