Chères amies, chers amis,

Comme promis, aujourd’hui on vous propose de visiter la France à travers quelques confréries bachiques.

Dans l’ordre, on parcourra l’Alsace, la vallée de la Loire, la Savoie, le Beaujolais, le Bordelais, la Bourgogne, ou encore la Champagne, et le Jura.

  • 1, La Confrérie Saint Etienne d’Alsace

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photo de Florival fr

Elle remonte au XIVème siècle. Les notables d’Ammerschwihr, près de Colmar, se réunissaient pour un festin annuel tous les 26 décembre (jour de la St Étienne). Le rôle de cette société était de s’assurer de la qualité des vins de la cité. Sous l’importance de cet événement, la population a fini par faire naître le nom de « confrérie de Saint Étienne ».

En 1947, elle revient sous sa forme actuelle grâce à un groupe de viticulteurs et d’amis menés par Joseph Dreyer. Elle a alors pour but de faire connaître et apprécier les vins d’Alsace au niveau mondial.

En 1973, son siège est établi au Château de Kientzheim, près de Kaysersberg.

Elle possède un règlement dont le premier article est : « Nul ne peut être Confrère de Saint Étienne s’il n’aime la joie, la bonne chère et les vins d’Alsace. Toutefois, l’admission ne sera prononcée que sur proposition motivée d’un confrère dûment autorisé et après accord du Grand Conseil. Celui-ci soumettra en outre le postulant aux épreuves viniques d’admission… »

Sa tenue de cérémonie se compose d’une cape rouge, d’un chapeau tricorne noir, de gants blancs et d’une médaille avec tonnelet.

  • 2, L’Ordre des fins Palais Saint-Pourçain en Bourbonnais

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photo de Tabl-trai

La confrérie est créée par Marcel Edier en 1962.

On ne rentre pas aussi facilement dans cette confrérie. Il faut montrer patte blanche et réussir les différentes épreuves de la cérémonie d’intronisation. La première consiste à déguster une bonne quantité de vin de Saint-Pourçain dans un grand tastevin. La seconde consiste à lire le serment à voix haute et intelligible. La troisième épreuve est celle de l’adoubement au cours duquel le Grand Maître frappe l’épaule de l’intronisé avec un cep de vigne en prononçant les paroles rituelles : « Pour la renommée de nos vignes, de nos vins, de la gastronomie et du folklore bourbonnais, je vous fais Chevalier de l’Ordre des Fins Palais de Saint-Pourçain en Bourbonnais ». Un cordon jaune et bleu, couleurs de la confrérie, auquel est attaché un tastevin lui est passé autour du cou. La cérémonie se finit par la remise d’une attestation, puis l’intronisé est invité à faire un discours sur son ressenti.

  • 3, La Confrérie des Compagnons du Sarto en Savoie

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photo de Jvillafruella

L’histoire de cette confrérie est née de deux amis qui se retrouvaient tous les après-midis dans l’arrière café de la Mère Million baptisé « La Chapelle ». Monseigneur Garnier (chancelier de l’archevêché de Chambéry, maître de chapelle) et Monsieur Guettaz (procureur général au tribunal de Chambéry) venaient tenir le verre de l’amitié et déguster la mondeuse (cépage noir de Savoie).

Ce cépage devenant rare car capricieux à cultiver, ces réunions amicales attirent alors de plus en plus d’amateurs luttant contre l’abandon de ce cru typiquement savoyard. L’idée d’une association régie par la loi du 1er juillet 1901, émerge le 14 août 1953. Elle prend réellement forme le 27 août 1955 avec la création de la Confrérie des Compagnons du Sarto Savoyard

Elle s’interdit toute activité politique ou religieuse.

Leur devise  est « Sabaudiae Animus Robur Terrarum Orbis »
signifiant : Souffle de Savoie, Force du Monde. Cet acrostiche formant le mot « sarto » est représentatif de la vigne puisqu’un sartot est, en Savoie, une petite maison située dans ces dernières.

Les dignitaires sont revêtus du costume de Sarto inspiré de celui des sénateurs de Savoie. Leur tenue varie selon leur statut. Il existe un collier de dignitaire ayant une partie dorée dans la tresse blanche et rouge du collier de Compagnon : « le cœur d’or du Sarto ».

  • 4, Les Grapilleurs du Beaujolais des pierres dorées

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photo de Sebleouf

L’association créée en mars 1979 tient son siège à Oingt.

Le sud du Beaujolais est caractérisé par ses villages construits en pierres jaunes-ocres, d’où « pierres dorées ».

Leur but est de promouvoir le beaujolais et le pays des pierres dorées par des animations folkloriques et de maintenir les traditions.

Leur tenue, de couleur noire et dans les tonalités jaunes-oranges-ocres, est parfois complétée par des sabots jaunes et un foulard dans les mêmes tons.

Un bal conclut généralement leur cérémonie d’intronisation annuelle.

  • 5, La Commanderie du Bontemps du Médoc et de Graves

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photo de DalGobboM

La Commanderie du Bontemps est l’une des plus anciennes et importantes confréries viticoles françaises. Elle fêtera ses 70 ans en 2019.

Elle a pour mission de faire vivre les traditions mais aussi la convivialité et le plaisir partagés autour de bouteilles de vin. Elle promeut à travers le monde les grands vins de Médoc, de Graves, de Sauternes et Barsac.

Cette confrérie a créé en 1950 une fête de printemps, devenue 9 ans après la célèbre Fête de la fleur. Il s’agit bien évidemment d’une fête célébrant la fleur de vigne, car les vendanges démarraient 100 jours après sa demi-floraison.

Le « bontemps » est une coupelle en bois dans laquelle le maître de chai bat les œufs pour le collage et la clarification du vin. Cette coupelle a été inventée vers le IXème siècle et en gascon porte aussi le nom de son inventeur : « desquet ».

La fibule, sorte d’agrafe servant à fixer les extrémités d’un vêtement, est l’accessoire caractéristique de la tenue de cette confrérie. Elle porte les initiales de l’ordre autour du « bontemps ». Elle orne la robe de cérémonie des commandeurs qui la reçoivent lors de l’intronisation.

  • 6, La Confrérie de la Saint Vincent et disciples de la Chanteflûte

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blason de Mercurey, image de Chatsam

Cette confrérie est née le 29 décembre 1949. Elle est la fusion de la Confrérie Saint Martin et de la Confrérie Saint Charles.

Son emblème est le blason du village de Mercurey où elle est basée. Son siège se tient au château de Garnerot.

L’objectif de cette confrérie est de favoriser la promotion des vins de Bourgogne et de Mercurey en particulier. Elle souhaite maintenir l’esprit du terroir par le développement et l’utilisation du folklore et des traditions existants autour du vin.

Le chanteflûtage est un concours organisé par cette confrérie pour récompenser les meilleurs vins de la côte chalonnaise. La mention chanteflûté sur une étiquette numérotée est alors apposée sur la bouteille.

La comédienne Julie Gayet a été intronisée en octobre 1997.

  • 7, La Commanderie du saulte bouchon de champagne

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carte de Champagne-Ardenne par Rinaldum

Elle naît en février 1975 à Troyes. Elle est l’héritière de Saint Bernard de Clairvaux (XIIème siècle) et de ses moines cisterciens.

Au XVIIème siècle, des moines baptisent du nom de « saulte bouchon » ce délicat vin pétillant appelé aujourd’hui « champagne ».

L’objectif de cette confrérie est de mettre en valeur le champagne de la région en maintenant les fêtes et coutumes champenoises. Elle rassemble les professionnels du vin et les amateurs qui sont prêts à s’engager dans cette valorisation du champagne…

Les membres de cette commanderie revêtent une robe couleur champagne, une toque et une cape de velours bleu avec un liseré jaune.

Les trompettes retentissent lors de l’intronisation. Elle comporte une épreuve : « le dépucelage » de la bouteille sur injonction du Bouchonnier, puis le disciple doit mirer, sentir et déguster le vin. Le postulant doit ensuite lire à haute voix le serment d’allégeance dans lequel il promet de rester fidèle au vin de champagne « roi des vins et vin des rois ».

  • 8, La Confrérie du Royal vin jaune

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C’est en 1989, à Arbois dans le Jura, que cette confrérie voit le jour. Elle est l’enfant du couple Aviet. Robert Aviet, vigneron jurassien, et sa femme ont consacré leur vie à l’élaboration de vins de qualité. Parmi ces derniers, le Vin Jaune a préférentiellement été mis en valeur par le couple.

L’idée part d’un cep de savagnin du grand Curoulet offert en 1986 en cadeau à leurs amis (Jacques Chirac en fait partie). Ils se réunissaient chaque année pour profiter de ce Vin Jaune issu de ce cépage si particulier.

Cette confrérie ne possède pas d’habits, pas de titres. Les intronisations se passent en toute modestie. Les candidats doivent répondre à des questions sur le Vin Jaune et une charte leur est remise.

Le but de la confrérie est de connaître et faire connaître ce vin unique au monde entier.

Il existe bien d’autres confréries, telles que :

  • la Jurade de Saint Emillion

  • la Connetable de Guyenne

  • la Confrérie de l’ordre des coteaux

  • les Chevaliers de chantepleure

  • la Confrérie des bons entonneurs

  • la Confrérie des chevaliers du tastevin

Cette dernière confrérie bourguignonne est née dans les années trente. Elle défend les grands vins de France et notamment ceux de sa région.

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Photo de Pierre André Leclercq

Le château du Clos de Vougeot lui appartient. Elle est l’organisatrice du tastevinage, label de qualité décerné à certains vins. On reviendra plus en détails sur la confrérie des chevaliers du tastevin dans un prochain article.

A très vite

Lucie

 

Pour aller plus loin :

https://www.allier-auvergne-tourisme.com/gastronomie/les-vins-de-saint-pourcain/l-ordre-des-fins-palais-663-1.html

https://www.vinsalsace.com/fr/vignoble-route-des-vins/confreries/confrerie-saint-etienne-dalsace/

http://www.saulte-bouchon.com