Chères amies, chers amis,

On vous propose de franchir quelques frontières et de se diriger vers l’Orient.
On part pour un pays où la légende raconte que Noë aurait planté le premier cep de vigne lors de son passage.
Que l’on croit à cette légende ou pas, le Liban est l’une des plus vieilles régions viticoles du monde. En effet, la vigne semble y être implantée depuis plus de 5 000 ans.

Ce pays majoritairement montagneux, d’une superficie de 10 450 km², présente des conditions particulièrement avantageuses pour la culture de la vigne.
La viticulture libanaise est principalement localisée dans la vallée de la Bekaa (à l’est du pays). Ses coteaux ont des conditions climatiques idéales. Le soleil y est très présent. La mer Méditerranée, présente sur 240 km de côtes, joue un rôle important dans la régulation de la température.
Il n’est donc pas surprenant que 150 km² soient couverts de vignes avec une vingtaine de cépages différents.

Map_of_Lebanon

Les cépages rouges les plus répandus sont le cinsault, le carignan, le mourvèdre, le grenache, l’alicante, le cabernet-sauvignon et la sirah.
Étrangement, à une altitude 900 m, le cabernet-sauvignon et le cinsault produisent des vins aux arômes extraordinaires rappelant le bordeaux alors que le terroir est complètement différent.

Du côté des cépages blancs, on retrouve le sauvignon blanc, l’ugni blanc, le sémillon et le chardonnay, en plus des variétés locales telles que le merweh (ou meroué).
Les vins les plus connus par les amateurs semblent être ceux du château Musar, situé dans la banlieue nord de Beyrouth, à Gazhir. Ce château, dont les vignes sont dans la vallée de la Bekaa, a fait du cabernet-sauvignon sa spécialité. Ces vins fruités et épicés sont comparés à un mélange de bordeaux et de vin du Rhône.
Gaston Hochar a créé ce vignoble en 1930, mais sa célébrité date de 1979. Son fils Serge a pris la relève après une formation d’œnologue à Bordeaux. Ceci peut être un début d’explication concernant les similitudes d’arômes.

Cependant ce vignoble n’est pas le plus ancien.

Le Domaine Ksara est implanté depuis 1857 près de la ville de Chtaura. Il a été fondé par des pères jésuites et produit des vins tout aussi intéressants avec le sauvignon blanc, le chardonnay, le grenache et le cabernet-sauvignon.

Puis le Domaine des Tourelles a été créé en 1868 par le Français Pierre Eugène Le Brun, et implanté à Chtaura. http://domainedestourelles.com. L’un des vins de ce domaine a pu être dégusté récemment Vin du Liban, Domaine des Tourelles, 2013.

Dans les années 1990, le château Kefraya prend la même direction que le château Musar. Ses vignes s’étendent aussi dans la vallée de la Bekaa. On y retrouve du cinsault, carignan, syrah, grenache, mourvèdre, clairette, bourboulenc, chardonnay et viognier. Ce château, qui avait été édifié vers 1950 par Michel de Bustros, peut désormais produire ses propres assemblages, avec ses raisins vinifiés dans sa cave.

Puis d’autres domaines suivent : le clos Saint Thomas, domaine de Wardy, Château Fakra, Château Massaya, Château Ka.
Le Liban exporte aujourd’hui sa production de vin en Europe, aux Etats-Unis, au Canada, en Australie, au Brésil et également en Afrique.
Les vins libanais sont encore méconnus en France, peut-être par manque de visibilité. Cependant leur côté exotique ne devrait pas effrayer les amateurs mais les rendre curieux de voyager vers d’autres horizons œnologiques.

A très vite,
Lucie
Pour aller plus loin :

André Dominé, Le vin, Paris, Ed. H. F. Ullmann, 2017

Hugh Johnson et Jancis Robinson, Atlas mondial du vin, Ed. Flammarion, 5ème édition, 2001

https://www.la-croix.com/Monde/Moyen-Orient/Au-Liban-paix-suscite-regain-vignoble-2019-01-02-1200992732an