Chères amies, chers amis

Après avoir présenté ce qu’est un cépage dans sa globalité (voir article précédent), voici venu le moment d’en étudier quelques-uns de plus près.

On part à la découverte d’un cépage rouge : le mourvèdre, qui possède depuis 2002 son propre « conservatoire du cépage mourvèdre ».

– A quoi le reconnaît-on ? (ampélographie)

Ses jeunes feuilles sont bronzées.

Ses feuilles sont orbiculaires entières ou trilobées.

Son sinus pétiolaire est ouvert en lyre et les dents sont longues ou moyennes à bords droits.

Le limbe est plat et velu face inférieure.

L’extrémité du jeune rameau est duveteuse et les rameaux ont un port dressé avec des entre-nœuds rougeâtres.

Les grappes sont moyennes à grosses, coniques, étroites et compactes. Les baies noires, de taille moyenne, de forme sphérique, sont couvertes d’une pruine abondante (La pruine est une couche cireuse qui donne un aspect poussiéreux). Elles ont une pulpe fondante avec une saveur âpre.

Ce cépage existe en blanc et en gris même s’il reste rare.

– Où le trouve-t-on et comment le cultive-t-on?

C’est un cépage originaire d’Espagne. On le retrouve en France, notamment en Provence et Languedoc, mais aussi en vallée du Rhône.

Il aime les zones chaudes et très bien exposées (ses souches sont sensibles au froid hivernal).

Ce cépage a la particularité d’avoir un débourrement et une maturité tardifs. Il s’adapte aux sols pauvres.

– Quelle est sa résistance aux maladies ?

Le mourvèdre est sensible aux acariens, à l’esca, à la pourriture acide, aux cicadelles. Il résiste mieux à la pourriture grise et à l’excoriose.

– Qu’apporte-t-il au vin ?

Ses tanins marqués mais fins lui ont permis de s’imposer à Bandol.

Le mourvèdre du sud de la France est très fruité et évoque en premier la mûre. Se mêle aussi un arôme de poivre, épices, et parfois des notes animales, avec le temps de garde il développe des arômes de cuir, de sous-bois, de truffe.

Il donne un vin très coloré. En rosé, il prolonge la fraîcheur et enrichit les arômes.

– Dans quelles appellations le retrouve-t-on ?

On le retrouve dans les Bandol, Tavel, Fitou, Lirac, Coteaux varois, Minervois, Côtes du Rhône (il est présent dans la dernière dégustation Côte du Rhône Villages, Plan de dieu, Clos Saint Antonin, 2015) …

A très vite,

Lucie

Pour aller plus loin :

Pierre Viala et Victor Vermorel (dir,), Ampélographie, Paris, 1901-1910, Tome 2, disponible sur Gallica,bnf,fr