Chères amies, chers amis,

Le monde actuel parle beaucoup du climat et de la préservation de l’environnement. Les industries, les additifs alimentaires, les pesticides et bien d’autres choses sont mis en cause.

Pour préserver notre planète, doit-on revenir à une philosophie du « plus naturel possible » ?

Et côté viticulture, que cela signifie-t-il ? Les vins naturels, les vins biologiques et les vins en biodynamie existent déjà.

Vont-ils prendre leur envol et connaître un incroyable essor ?

Mais qu’est-ce que ces vins ont de particulier ?

Les vins naturels (ou natures) sont les plus difficiles à cerner car il n’y a pas de réel cahier des charges : la seule règle est d’obtenir un vin le plus respectueux possible de la nature et de l’environnement. Il existe une association des vins naturels qui a créé son propre cahier des charges : culture bio ou biodynamique, vendanges manuelles, utilisation de levures indigènes déjà présentes sur le raisin, seul le soufre en petite quantité est autorisé lors de la vinification (les autres intrants sont interdits).

On retrouve souvent la notion de « vin sans sulfites » ou en tout cas « sans sulfites ajoutés ». Ces vins contiennent moins de sulfites que tous les autres, ils en deviennent plus difficiles à conserver.

Les vins biologiques sont règlementés par un cahier des charges européen. Aucun produit chimique ne doit être utilisé sur le raisin, seuls les produits naturels sont autorisés. Cela implique une manière de travailler mécanique. Voir l’article de Laurent « Les vins bios Un article certifié sans parti pris ».

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Les vins biodynamiques n’ont pas de réglementation européenne. Déméter et Biodyvin sont les deux certificateurs qui les régissent. Ce sont avant tout des vins issus d’une agriculture biologique avec en plus la méthode biodynamique que l’on va regarder de plus près dans la suite de cet article.

La biodynamie est apparue vers 1924 en Allemagne. Elle a été rendue simple et accessible grâce à l’agronome et philosophe autrichien Rudolph Steiner (1861-1925, fondateur de l’anthroposophie). Ce personnage tente de comprendre la nature profonde de la terre, des animaux et des plantes pour travailler en les respectant.

La biodynamie cherche à favoriser les conditions de vie de la vigne tout en renforçant ses caractères particuliers.

Cette méthode de travail (ou pensée) part du principe qu’un organisme vivant est malade s’il y a un déséquilibre. Cependant, les désherbants, les produits chimiques, les levures et les enzymes sont perturbateurs de l’équilibre.

Il faut donc rétablir l’équilibre entre l’organisme vivant et son environnement pour soigner cette maladie le plus naturellement possible.

La biodynamie peut utiliser du souffre, du cuivre à petites doses pour traiter. Elle autorise aussi des préparations à base de cristaux de quartz, d’ortie, de pissenlit…

Le compost et des préparations à base de bouse peuvent être utilisés pour dynamiser les sols.

Ces préparations ne sont pas employées n’importe quand. Leurs utilisations sont renforcées par le respect de l’influence cosmique. En effet la position des planètes du système solaire, du soleil et de la Lune agirait sur les plantes. Une étude sur ce sujet a été menée par Maria Thun, paysanne biodynamiste et chercheuse allemande.

Cette dernière a mené durant environ un demi-siècle des expériences pour comprendre l’influence de la Lune et des planètes sur les plantes cultivées.

Plus concrètement : pour stimuler les racines, on choisira une influence « Terre » avec un travail effectué l’après-midi en utilisant les forces ascendantes du soleil. Pour stimuler la formation des fruits, on choisira une influence « chaleur » en travaillant le matin pour bénéficier de l’ascendance du soleil.

Depuis 1963, il existe un calendrier journalier des semis qui est issu des travaux de Maria Thun.

Déméter, citée plus haut, n’a rien à voir avec la déesse grecque, quoique… Cette déesse de l’agriculture et des moissons enseigna aux humains le semis, le labour, l’art de la culture.

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Il s’agit ici d’une marque internationale de certification garantissant le respect des pratiques biodynamiques. Créée depuis 1932, son cahier des charges est strict (bien plus que celui pour l’agriculture biologique).

Biodyvin, né en 1995, est le syndicat international des vignerons en culture biodynamique. Leur philosophie est simple : le vin sera l’expression du terroir car ses qualités et particularités seront respectées grâce à cette culture spécifique qu’est la biodynamie. Pour obtenir le label « biodyvin » il faut répondre à leur cahier des charges.

Sur le papier cela paraît une chose simple, pourtant c’est à chaque vigneron de s’approprier la méthode en l’adaptant à son vignoble. Acquérir les connaissances et maîtriser cette méthode prend du temps…

La biodynamie est décidément une agriculture durable, mais est-elle la viticulture de l’avenir ?

A très vite,

Lucie

Pour aller plus loin :

Film de Guillaume Bodin, La clef des terroirs, 2011

Dominé André, Le Vin, Paris, h.f.ullmann, 2008

www.biodyvin.com