Chères amies, chers amis,

Après la présentation globale des cépages et la découverte particulière de certains d’entre eux, il est de nouveau temps d’en découvrir un nouveau : la syrah.
Ce cépage rouge a la particularité d’être du genre féminin.

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– A quoi la reconnaît-on ? (ampélographie)

Sa souche est vigoureuse avec un tronc assez gros, un port étalé.
Son feuillage vert foncé prend des teintes jaunes nuancées de rouge vif à l’automne.
Ses feuilles quinquélobées sont plus longues que larges. Elles sont recouvertes d’un duvet aranéeux (ressemblant à une toile d’araignée) sur la face inférieure et ses nervures.
Le sinus pétiolaire est profond et souvent fermé par la superposition de lèvres juxtaposées. Les sinus latéraux supérieurs quant à eux sont peu marqués.
Son limbe est gaufré.
Ses sarments sont à mérithalles (espace entre deux nœuds) allongés, de couleur café au lait et empreints de marron aux nœuds.
Sa grappe est longue (cylindro-conique) formée par des grains de taille irrégulière.
Ses grains sont noirs, pruinés (couverts d’une couche cireuse voire poudreuse donnant presque une coloration bleue au grain), ovoïdes, de taille moyenne ou petite.

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– Où la trouve-t-on et comment la cultive-t-on ?

La syrah apprécie les climats tempérés où elle produit des vins frais, élégants. Son vieillissement apporte un côté suave et sauvage.
Elle a envahi la vallée du Rhône, la Provence et le Languedoc. On la retrouve également en Suisse.

Dans les climats plus chauds, les tanins restent doux et abondants.
Il s’agit du principal cépage d’Australie. Les vins sont réunis sous le nom de shiraz.
Cependant elle est aussi très présente en Espagne, Afrique du sud, Californie, Italie, Amérique du sud et Nouvelle-Zélande.

Son terrain de prédilection reste un sol caillouteux, chaud, bien drainé et fertile. Ses longs rameaux sont sensibles au vent violent et doivent donc être palissés pour ne pas casser.

 

– Quelle est sa résistance aux maladies ?

Ce cépage est peu soumis au gel tardif, peu sensible à l’anthracnose, au mildiou et à l’oïdium.
Cependant ce cépage craint la pourriture grise et les acariens.

 

– Qu’apporte-t-elle au vin ?

Sa pellicule épaisse donne des vins sombres avec une robe violacée. Cette première particularité et sa richesse en tanins lui confère un bon potentiel de vieillissement.

Ses arômes sont plutôt épicés, floraux et fruités. Complexes, ils apportent des notes de violette, de fruits (mûre, cerise noire, framboise), d’herbes sauvages, d’épices (poivre, muscade).
Si elle est élevée en barrique, elle développe un côté fumé.
Si le fruit est bien mûr, on peut retrouver des arômes de fruits confits, de menthe, d’eucalyptus.
En vieillissant des notes plus sauvages, plus animales apparaissent (cuir, gibier).

La syrah permet de produire des vins rosés très fruités.

 

– Dans quelles appellations la retrouve-t-on ?

On la retrouve dans les appellations Côte-Rôtie, Hermitage, Saint-Joseph, Cornas, Châteauneuf-du-Pape, Côte du Rhône Villages, Plan de dieu, Clos Saint Antonin, 2015

Les vins issus de ce cépage accompagnent très bien les viandes rouges, les gibiers, les grillades au barbecue.

 

A très vite, pour poursuivre cette série sur les cépages.

 

Lucie

Pour aller plus loin :

David Cobbold, Sébastien Durand-Viel, Vous allez enfin vous y connaître en vin, Paris, Larousse, 2017.

Pierre Viala et Victor Vermorel (dir,), Ampélographie, Paris, 1901-1910, Tome 2, pages 70-72, disponible sur Gallica,bnf,fr