Chères amies, chers amis,

 

Lorsque l’on discute avec des vignerons, cavistes, maîtres de culture (ou d’autres métiers de la vigne), forcément à un moment, on entendra parler de phylloxéra.

Le phylloxéra, mais qu’est-ce ? Une période de l’histoire ?
Qu’est-ce que cette bête ?
Rien qu’en se posant cette dernière question, on chauffe déjà.

Etymologiquement, ce mot vient du grec xeros : sec et phyllo : feuille ; autrement dit : dessèchement de la feuille.

Il s’agit bel et bien d’une bête, un puceron jaune qui dessèche la feuille et tue le cep en moins de trois ans.
Ce ravageur de la vigne fut nommé « Phylloxéra vastatrix » par le Français Jules Planchon et par la suite rebaptisé « Dactylosphaera vitifolii ».

Le phylloxéra apparaît en France dans les années 1860 sur des boutures provenant des Etats-Unis.
Il se propage dans tous les pays viticoles de l’Europe jusqu’à la fin du XIXème siècle, arrivant même à s’étendre mondialement.

Carte_du_Phylloxéra_en_1882
Cette invasion n’est pas restée sans conséquence pour le monde de la viticulture. Elle a créé une crise dont on parle encore de nos jours, comme une référence temporelle viticole.

On se demande bien comment ce petit puceron jaune a réussi à détruire les vignes, et comment cette crise a pu être surmontée ?

Selon un cycle, ce parasite s’attaque aux racines ou aux feuilles.
Le puceron pique les racines entraînant des lésions qui gênent l’alimentation et l’hydratation du cep. Il s’agit ici du « phylloxéra radicicole » qui se développe sous terre.
Un certain nombre de ses femelles deviennent des nymphes qui quittent la terre et se pourvoient d’ailes, commençant ainsi leur cycle aérien.

Femelle_ailée_du_Phylloxéra
Ce dernier puceron appelé « phylloxéra gallicole », à la fin de l’été, pond un œuf unique responsable d’une larve. Celle-ci se fixe sur une jeune feuille provoquant ainsi la formation d’une galle. Il s’agit d’une excroissance du tissu végétal de la feuille de vigne contenant les œufs de cette larve devenue adulte.
Une fois les œufs éclos, les nouvelles larves, qui sont essentiellement des femelles (dans ce cycle les individus mâles ne vivent que le temps d’assurer la procréation), se répandent, produisant de nouvelles gatteintes galleuses.

A la fin de l’été, toutes ces femelles migrent vers les racines et débutent leur cycle souterrain.

Cette invasion a marqué les esprits, et on peut le comprendre car des régions entières se sont trouvées ruinées et la vigne avait quasiment disparu.

Les experts ont cherché un moyen de lutter contre ce parasite. Les terrains sablonneux semblent freiner son développement, mais malheureusement la majorité des sols ne sont pas de cette consistance.
Les traitements chimiques ne se révèlent pas efficaces.
On s’en remet à la religion sans succès. Dans l’Allier, on raconte que la statue de saint Verny, ne protégeant pas les vignes du phylloxéra, a été jetée dans l’Allier et remplacée par saint Vincent.

On parvint à sauver les pieds de vitis vinifera en les greffant sur des racines de vignes sauvages américaines ayant résisté au puceron.

Depuis, tous les vignobles proviennent de ceps greffés (sauf dans certaines régions épargnées comme au Chili, Argentine ou Australie). Ainsi, le phylloxéra reste présent mais ne représente plus le même danger pour les vignes.

A très vite

Lucie

Pour aller plus loin :
http://www.terredevins.com/actualites/phylloxera-les-lecons-dune-pandemie