Quel bon vin t’amène (QBVA) : Pouvez-vous, pour commencer nous parler de votre parcours professionnel ?

         Julien Nebout (JN) : Je n’ai jamais été très bon à l’école. Après la 3ème, j’ai fais un BEP puis un bac professionnel viticulture/œnologie à Cosne-sur-Loire. Après j’ai été pris en BTS, mais j’ai trouvé du travail, et j’ai préféré prendre cette voie. Je ne le regrette pas car je n’aimais pas vraiment les études, et, en plus, cela m’a permis de rencontrer ma femme.

QBVA : D’où vous vient l’envie de travailler dans ce milieu ?

         JN : Je suis tombé dedans quand j’étais tout petit. J’ai toujours vu mon père et mon grand-père s’occuper de la cave. Cela ne m’a pas traversé l’esprit de faire autre chose.

QBVA : Parlez-nous de vos vins. (Cépages, sol, mode de vieillissement, âge des ceps, typicité…)

         JN : J’essaie de faire du vin. Je replante pas mal de vigne, ce qui me permet d’avoir beaucoup de vignes jeunes, entre un et quarante-cinq ans, avec un renouvellement fort, et en replantant plus serré (5500 pieds/ hectare alors que la moyenne saint-pourcinoise se situe à 4000 pieds/ hectare).

Je tiens à avoir les trois types de terrains de l’appellation : argilo-calcaire, granitique et sable, ce qui permet de faire de jolis assemblages. En cépages, on a le tressallier bien entendu, du chardonnay, du pinot noir et du gamay. Les vieillissements sont fonction des cuvées (quinze en tout), entre des élevages courts en cuve et des passages en fûts pour des cuvées plus travaillées.

QBVA : Qu’est-ce qui, selon  vous, est important pour faire un bon vin ?

         JN : Tout d’abord une bonne vigne. Il faut qu’elle se sente bien. Si vous avez de beaux raisins sains, il est plus facile de faire de bons vins. Ensuite, il faut des vinifications simples avec peu d’interventions.

QBVA : Quel avenir pour le Saint-Pourçain ? Est-il possible de faire mieux
encore ?

         JN : On a un beau potentiel et de l’avenir avec une jeune génération qui s’installe et qui pousse l’appellation dans le bon sens. Je préfère mille fois être ici que dans d’autres régions moins dynamiques.

QBVA : Comment votre vin a évolué générations après générations ?

         JN : Je ne sais pas s’il y a eu une grosse évolution. On a toujours fait les vins qu’on était capable de faire, sans trop se prendre la tête. Se sont des valeurs que l’on m’a inculqué et que j’essaie de garder. Je ne pense pas que mon grand-père faisait du mauvais vin, il faisait du vin comme on en faisait à l’époque. La plus grosse différence, c’est que nous avons beaucoup plus de matériel.

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QBVA : Quelles relations avez-vous avec les autres propriétaires ?

         JN : J’ai de très bonnes relations avec quatre-cinq vignerons avec qui je m’entends très bien car on a la même vision du vin. Pour les autres, chacun est libre de faire ce qu’il entend, tant qu’il me laisse faire le vin que j’ai envie de faire.

QBVA : Les vins de Saint-Pourçain ont mauvaise presse et beaucoup de gens sont réticents à l’idée d’en goûter, à votre avis à quoi cela est-il lié ?

         JN : Peut-être par ignorance. La réputation a tendance à s’améliorer. Les vignobles ont souvent mauvaise presse localement. C’est difficile à comprendre, comme s’il n’était pas possible de dire que l’on peut faire des choses bien ici. Mais on sait tous que l’herbe est souvent plus verte dans le près d’à côté.

QBVA : Quel mot désignerait au mieux pour vous le vin ?

         JN : Convivialité.

QBVA : Pour conclure, pourriez-vous nous citer un vin qui vous ait marqué, le premier vin dont vous ayez le souvenir et un vin que vous aimeriez déguster par-dessus tout ?

         JN :

                   – Un vin qui m’ait marqué : il y a en a tellement. Je ne pourrais pas en choisir un.

                   – Le premier dont je me souviens : un sancerre blanc.

                – Un vin que j’aimerais déguster par dessus tout : une Romanée-Conti ou un Petrus, mais surtout pour le nom.

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