Chères amies, chers amis,

Il était une fois, en Grèce Antique, là où boire du vin était un privilège…

En effet, cette boisson ne se laissait pas apprivoiser facilement !

Seules les classes dites « supérieures » pouvaient en consommer et devaient suivre des règles précises.

Il fallait toujours couper le vin avec de l’eau de mer et l’aromatiser d’herbes, d’épices, de miel ou de résine. Cette boisson était servie après le repas, et aux hommes seulement ! Ils prenaient le temps de la déguster, à demi-couchés, tout en discutant affaires ou philosophie.

 

Les Gaulois, eux, ne faisaient pas tant de manières : ils buvaient le vin pur, assis et sans grand discours.

Cependant, ce précieux liquide avait un autre destin et n’allait bientôt plus être réservé à quelques-uns. Son commerce devint inévitable tant il tenait une place importante dans l’économie.

L’expansion de l’Empire romain permit alors à la culture de la vigne de se développer en Europe.

Mais comment faire pour vendre et transporter le vin facilement ?

Les amphores de l’époque ne convenaient pas vraiment pour ces grands trajets. Elles étaient fragiles, lourdes et difficilement empilables.

Les Gaulois ont alors perfectionné leurs tonneaux qui servaient jusque-là à transporter entre autres la cervoise et de l’eau.

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Et c’est ainsi contenu que le vin franchit aisément la Méditerranée.

Le voilà arrivé en France où dès le Vème siècle, les religieux souhaitent avoir suffisamment de vin pour la communion des fidèles, pour redonner de la force aux malades et pour offrir aux seigneurs de passage. Ils se mettent à travailler la vigne.

Les moines cisterciens jouèrent un rôle majeur dans l’amélioration de la qualité des vins. Ils repérèrent les variétés les mieux adaptées à chaque lieu et selon l’ensoleillement, dressèrent des murs autours des vignes qui, dans un endroit précis, donnèrent au vin une saveur singulière. De leurs observations naquit la notion de terroir.

Les vins se diversifient peu à peu, se particularisent, certains se font d’ores et déjà une renommée.

En Bourgogne, Charlemagne, friand de vin rouge au point d’en tâcher fréquemment sa barbe, ne pouvait boire sans risquer les remontrances de son épouse. Il fit alors planter la vigne en raisins blancs et donna son nom au vin créé : le Corton-Charlemagne. Ainsi les griefs de son épouse cessèrent, mais son surnom d’empereur à la barbe fleurie resta.

La viticulture s’épanouit réellement en Europe à partir du XIIème siècle.

Quand soudain vers 1863, un terrible puceron jaune (prénommé Phyll… voir article précédent Fichu phylloxéra) sévit dans les vignes. Phyll anéantit la majorité des vignobles européens en une vingtaine d’années.

Femelle_ailée_du_Phylloxéra

Les dégâts sont là, mais c’était sans compter sur le pouvoir du greffage. Les ceps européens reprennent vie grâce à une souche américaine.

Le travail du vin va pouvoir reprendre son évolution. La mécanisation, l’industrialisation se confrontent à l’écologie, à la biodynamie.

La qualité a de plus en plus tendance à l’emporter sur la quantité.

Ces dilemmes débouchent sur une multitude de façons de produire le vin, créant un large éventail de saveurs à mettre en bouteille pour le plus grand plaisir des consommateurs.

Et tous vieillirent en se bonifiant…

Lucie

 

Pour aller plus loin :

Sophie Fauvette, Des raisins, Nantes, Ed Gulf Stream 2009.

André Dominé, Le Vin, Paris, h.f.ullmann, 2008.