Bonjour les ami(e)s,

Les Bourbonnais (habitants du département de l’Allier) sont attachés à leur région. On peut les comprendre tant les trésors qui s’y cachent sont nombreux. Il en reste pourtant des méconnus. Il va être question ici de l’un d’entre eux : le tressallier.

Ce cépage autochtone n’existe que dans la région saint-pourcinoise. Les origines de son nom ne sont pas formelles, mais deux hypothèses ressortent régulièrement. Provenant du cépage sacy de l’Yonne qui aurait franchi l’Allier pour arriver jusqu’à nos contrées, son nom serait une contraction ancienne de traverse Allier (tresse Allier). L’autre hypothèse repose sur la vivacité de cette variété, entraînant des cultures en tressailles (treilles), typiques de l’Allier, d’où tressallier.

Bien qu’exclusif à cette région, il ne peut qu’être associé au chardonnay pour obtenir l’A.O.C. Saint-Pourçain malgré les demandes de certains vignerons. Il existe quand même des professionnels qui ont décidé de le vinifier seul. C’est le cas du domaine des Bérioles, des Terres d’Ocres ou encore de Julien Nebout.

IMG_8889 (2)

Ce dernier, représentant d’une famille de vignerons indépendants implanté depuis plusieurs générations dans la région. Homme de caractère, il souhaite faire bouger les lignes. Ainsi il propose quinze cuvées différentes, allant du « simple » vin de copains, à des vins plus aboutis avec des élevages en fût, conçus plus dans un but d’accompagnement gastronomique (comme la cuvée « Classe 10 », vin blanc qui peut atteindre sa plénitude dix ans après son millésime). On retrouve aussi des vins effervescents blancs ou rosés et, plus surprenant, une méthode ancestrale à base de gamay (vin effervescent à fermentation et prise de bulles secondaires) dont les côtés frais, sucré et fruité en feront un parfait partenaire pour les fins de repas ou les apéritifs.

Pour valoriser ce cépage local, il propose la cuvée « L’incompris du Tressallier » en vin de France. Composé à 100 % de cet unique cépage, cela  rend impossible sa commercialisation sous l’appellation Saint-Pourçain.

 

IMG_8900 (2).JPG

On découvre grâce à cela la typicité de cette espèce : minéralité, acidité, donnant des vins francs qui ressemblent à ceux à base de sauvignon du Val de Loire comme les sancerres. Selon les millésimes, ce vin est assemblé à partir de jus vinifié en cuve et en fût (de 5 à 20 % de vin passé en barrique) afin d’obtenir un côté fruité-acidulé et un peu de rondeur en bouche. A goûter d’urgence pour redécouvrir ce que notre vignoble peut offrir d’original et faire partager aux familles et ami(e)s une variété qu’ils ne trouveront nul par ailleurs.