Chères amies, chers amis,

Par son côté euphorisant et mystérieux, le vin a une importance culturelle et symbolique. De ce fait, on le retrouve au cœur de certaines religions.

Elles entretiennent des rapports particuliers avec le vin, faits d’attraction et/ou de répulsion.

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Pour les juifs et les chrétiens, la vigne est présente avant l’homme. En effet Adam et Ève, dans la Genèse, cachent leur nudité à l’aide d’une feuille. Il s’agit bel et bien d’une feuille de vigne.

On vous propose un tour d’horizon des principales religions et leurs points de vue sur le vin.

Le vin dans le judaïsme :

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C’est la réminiscence de la Terre promise lors de la bénédiction du sabbat juif.

Le vin a une place ambivalente dans le judaïsme.

Sa consommation est bien présente lors des célébrations (jour du sabbat, mariage, circoncision, Pâque..).

Cependant son abus est mal toléré. Les conséquences de l’ivresse sont ainsi rappelées : inceste pour Loth (saoulé par ses deux filles dans le but de repeupler le monde), nudité pour Noé (il se dénude sous sa tente et son corps évanoui est découvert par ses fils).

Dans la Torah, le peuple hébreu est un plan de vigne. Dieu, le vigneron a arraché cette vigne d’Égypte pour le transplanter en Israël. Ils entretiennent alors une relation existentielle présentée comme une tragédie en trois actes : sa plantation, c’est le choix des Hébreux comme peuple élu ; sa stérilité répond à ses infidélités ; sa destruction au châtiment mérité.

 

Le vin dans le christianisme :

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C’est une des formes sous laquelle le Christ se fait chair (durant l’eucharistie).

Le vin fait partie du rituel, il accompagne la première communion, les baptêmes, fiançailles, noces. Il est très présent pour la célébration de Pâques car il représente la résurrection du Christ.

Les vignerons demandaient la protection à certains saints. Saint Marc en Provence ; saint Urbain en Alsace, Lorraine, Suisse et Allemagne ; saint Martin en Alsace.

Le plus vénéré des saints reste quand même saint Vincent. Il se fête le 22 janvier, jour représentant le début de la taille.

Certains dictons l’évoquent : « quand saint Vincent est clair et beau, il est du vin comme de l’eau », « quand il fait beau le jour de la saint Vincent, le vigneron s’en va chantant ».

En Bourgogne, ce sont les moines cisterciens qui travaillent la vigne et l’étudient. Ils repèrent la notion de « climat », c’est-à-dire le fait que chaque parcelle de vigne (avec sa situation, son sol, son exposition…) va conférer au vin sa particularité. Ils délimitent alors ces « climats » par des murs. Ces parcelles prennent le nom de gravières, perrières, genévrières, ou charmes.

La religion est très présente sur les étiquettes de certaines bouteilles de vins produits en France : St Joseph, St Emilion, St Julien…

Le vin dans l’islam :

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Certains passages du Coran semblent contradictoires.

C’est la boisson divine réservée aux élus dans le paradis d’Allah.

Mahomet place le vin au cœur de la promesse paradisiaque.

Cependant il interdit le vin aux musulmans après avoir été horrifié par des scènes d’ébriété. Il fait donner quarante coups aux buveurs pris en flagrant délit. Ce châtiment sera porté à quatre-vingt coups par le calife Omar.

L’imam de Sidney Mustafa Rashed avait affirmé que « l’islam n’interdit pas la consommation de vin, mais uniquement l’ivresse qui en découle ».

Au Moyen-Age, les vignerons arabes savaient s’occuper de la vigne, participant ainsi à une certaine mission divine.

La médecine musulmane portait de nombreuses vertus au vin à condition de le boire avec modération : il aide à la digestion, réchauffe le sang, lutte contre les maux d’estomac.

Qu’en est-il dans d’autres religions ?

Dans le bahaïsme c’est clairement un interdit. Les bahaïs n’ont pas le droit de boire de l’alcool ou de prendre des drogues à usage récréatif, sauf si c’est prescrit par un médecin.

Le vin et l’ivresse sont des thèmes classiques de la poésie taoïste (Li Bai, 701~762). Selon Marcel Granet, la diététique taoïste « ne prescrit ni le jeûne constant, ni même la sobriété […] L’ivresse fait approcher de la sainteté, car, comme la danse, elle prépare à l’extase ». En pratique, aujourd’hui, nombre de taoïstes se contentent de respecter la modération dans leur alimentation comme dans tout autre aspect de leur vie.

Dans le bouddhisme, la consommation d’alcool est expressément condamnée, alors que l’hindouisme la tolère.

De toutes les religions, le christianisme est la plus liée au vin.

Est-ce par hasard si Jésus accomplit son premier miracle en transformant l’eau en vin au cours d’une noce à Cana en Galilée ?

S’agissait-il de vin rouge ou de vin blanc ? Nul n’en fait mention…

Et qu’en est-il de la quête du Graal ?

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Calice d’Antioche

Peu importe la religion dans laquelle la vigne et le vin sont mentionnés, ils invitent avant tout à la générosité.

A très vite,

Lucie

Pour aller plus loin :