Chères amies, chers amis,

Après avoir abordé le vin et la religion, il semble intéressant de regarder du côté de la mythologie.
Qu’elles soient grecque, romaine sumérienne ou égyptienne, des points communs se dessinent.

De la Mésopotamie à l’Egypte :

En Mésopotamie, la bière est considérée comme une boisson sacrée. L’histoire raconte que la bière a probablement été offerte aux hommes par une des déesses.

Siris est la déesse du moût. Elle est la fille de Ninkasi dont le nom signifie « dame de la bouche pleine ».
Ninkasi, déesse sumérienne secondaire, est la fille d’un roi d’Ourouk et d’Inanna. Elle représente la bière et l’alcool, on l’appelle aussi la « dame au visage cornu ». Elle sera plus tard assimilée à Ishtar.
Ishtar est la déesse majeure de l’amour et de la sexualité.
Inanna est l’ancienne déesse sumérienne de l’amour et du vin mais aussi de la bataille.
Ishtar et Inanna ont très probablement une seule et même identité.

La déesse sumérienne du cep est Gesthin (ou Geshtinanna ou Gestin) dont le nom signifie « dame de la grappe » ou « vigne céleste ». Elle associe le vin et la mère, source de vie.

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Dans l’Egypte ancienne, ce sont les déesses Hathor et Sekhmet qui sont associées à la bière. Dans la Basse-Egypte, après la guerre, on raconte que Rê n’est plus respecté par son peuple, ce qui met Hathor hors d’elle. Elle devient alors Sekhmet, une déesse guerrière qui va détruire les humains et boire leur sang. Rê, voyant que le massacre prend des proportions démesurées, décide d’arrêter Sekhmet qui est assoiffée de sang. Il la piège en versant de la bière couleur sang, la déesse, alors ivre revient à son identité pacifique d’Hathor.

 

La vigne est créée, voire incarnée, par Osiris en Egypte. Ce dernier représente l’esprit de la végétation qui meurt pour renaître sans cesse : le blé, la vigne et les arbres.

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Du latin au grec :

Bacchus, aussi appelé Liber Pater, est le dieu du vin chez les Romains. Il est le fils de Jupiter (dieu du ciel et de la terre et des êtres vivants) et de Sémélé (fille de Cadmos roi de Thèbes).

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Jupiter est avec Junon, il la trompe avec sa maîtresse Sémélé. Junon se venge et arrive en rusant à ses fins : Sémélé meurt foudroyée par Jupiter alors qu’elle est enceinte. Le fœtus de Bacchus est alors enfermé dans la cuisse de Jupiter jusqu’à sa naissance. Il est instruit par les muses et Silène.
Il devient le dieu de la vigne, du vin et des festivités, de la danse, de la végétation, des plaisirs de la vie et de ses débordements.
Il est souvent représenté tenant un thyrse (bâton évoquant un sceptre) et une grappe de raisin ou une coupe. Il est entouré de vigne. Il aida son père dans la guerre des dieux contre les géants. Dans la chaleur du combat, le maître de l’Olympe excitait son courage par cette exclamation : Evohe ! Evohe ! Ce mot est resté le cri des Bacchantes (prêtresse de Bacchus).
Le terme « bacchante » est aussi utilisé pour parler d’une femme à qui l’ivresse et la lubricité ont fait perdre toute réserve.
Il console puis épouse Ariane qui avait été délaissée par Thésée sur l’Île de Naxos.

Dans la mythologie grecque, son équivalent est Dionysos. Il est également le dieu du vin et de la vigne, mais aussi de la fête et de la folie.
L’histoire est la même : Zeus trompe Hera avec Sémélé, et donne naissance à un fils qu’il a gardé dans sa cuisse après la mort de sa mère. Son instruction est confiée à Silène, qui personnifie l’ivresse.
Durant son adolescence, il serait tombé amoureux d’un des satyres qui l’accompagnent : Ampélos.

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Une autre version de la naissance de Dionysos existe. Héra, jalouse, demande aux Titans de se débarrasser du bébé de Zeus et Perséphone en le coupant et en le faisant cuire. Athéna ramasse le cœur de Dionysos, le confie à Zeus qui féconde alors Sémélé. Dans ces deux versions Dionysos naît une seconde fois.

 

La vigne meurt en hiver et renaît au printemps. Osiris, Dionysos ou Bacchus meurent puis ressuscitent, les récits varient mais se ressemblent. Le vin devient alors un breuvage qui permet de dépasser la mort.

Seuls les dieux pouvaient boire le vin pur, les hommes réservaient le vin aux grandes occasions et aux banquets qui ne manquaient pas. Ils y ajoutaient de l’eau pour éviter les effets de l’ivresse. L’expression « mettre de l’eau dans son vin » tire son origine de là : au sens propre, il s’agit d’éviter les effets négatifs du vin pur ; au sens figuré, il s’agit de diminuer son ambition pour un projet plus sage, calmer un emportement, on dit aussi « calmer le jeu ».

 

A très vite,

Lucie